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L'architecture est elle une forme de Permaculture?


Lancer une entreprise, sur un métier de niche, reste un risque.

Certes j’ai repéré le besoin de ma combinaison particulière de connaissances et d’expérience (bâti ancien ET matériaux naturels), ma façon d’être et mes capacités (aimer parler aux gens, rechercher une solution en me mettant à leur place, savoir organiser pour réaliser réellement des travaux de qualité).


Certes localement je travaille dans le milieu depuis 14 ans, donc je connais les acteurs du bâtiment et de l’urbanisme rochelais.


Mais pour vraiment se lancer à son compte, il faut un fil conducteur, une volonté de faire quelque chose de particulier.


C’est là où je souhaite partager le parallèle entre la permaculture découverte (après l'avoir appliquée) dans mon enfance, et ma pratique de l’architecture.


Les échelles et les rapprochements entre perma et archi

Pour ce faire, on suivra tout simplement la Table des Matières du Manuel du Designer en Permaculture (Bill Mollission 1988 : Permaculture : a Designer’s Manual)


Voici donc les 14 Chapitres :


Je mettrai en citation mes motivations par rapport à la structure de ce document fondateur du mouvement de la Permaculture par son co-créateur (Holgrem aura droit à son article aussi 😉 ) 


Chapitre 1 introduction

Permaculture’s philosophical foundation is based in ethics which define positive design requirements for landscape and society that lead to abundance. (geoff lawton)


La permaculture est basée sur la philosophie de l’éthique, qui définit des qualités de la conception (design) pour le paysage et de la société, qui mèneront vers l’abondance.


J’intègre dans ma pratique le bien-être des commanditaires (les clients), leur environnement humain et paysager, et les impacts plus large, éthiques, climatiques, patrimoniaux, qui permettent que tous soient gagnant en confort et qualité de vie. 


Chapitre 2 : Concepts et thématiques de conception (design)


Ici nous apprenons en permaculture à transformer les principes en applications pratiques, notamment en créant des sous-structures, en divisant dans le temps, dans l’espace, des potentiels de changement et d’évolution positive. Cela semble compliqué ? en fait non, c’est de s’attaquer à une grande chose en trouvant des ensembles plus petits, en étant chef d’orchestre de chaque partie, pour que finalement tout l’ensemble en bénéficie.



En pensant la maison, par exemple, pour son propre bénéfice, tout en n’empiétant pas sur des bénéfices de la rue et de la ville, on crée une rue ou une ville sympathique et d’autant mieux que ses occupants sont biens. 
Ou en implémentant des petits gestes reproductibles on crée un grand mouvement (consommant des produits vertueux on signale ce besoin et on permet de soutenir des artisans et producteurs vertueux aussi) 



Chapitre 3 : Méthodes de conception (design)

Ah, 5 ans d’architecture, 2 ans de sciences de l’ingénieur, un an de permaculture : savoir créer des systèmes qui permettent ces fameux échanges entre ses parties : entre les saisons, entre les énergies, entre les matériaux, entre les personnes !



Chapitre 4 : Comprendre les modèles / motifs


L’observation de la nature et des créations artistiques montrent ce certaines formes sont belles et fonctionnelles, permettent de bons ratios, de bons échanges, une circulation facilitée, des interractions plus nombreuses… En construction, une construction plus sûre, une économie de moyens ou de temps, une facilité d’entretien, un stockage d’énergie, une qualité sonore, etc.



Chapitre 5 : Les facteurs climatiques




Très important ! le bioclimatisme des éléments passifs (minéraux, bio sourcés comme des structures et des matériaux de finition…) mobiles (volets, éléments démontables…) et vivants, comme les plantes, les occupants, le voisinage végétal et humain… changeront selon les enjeux de saisonnalité et de climat général !


L’isolation, la lumière naturelle, l’inertie, la gestion de l’humidité, les activités, l’occupation, un projet personnalisé est nécessaire !

Parfois des compromis sur les saisons sont à faire, d’autre fois un peu d’astuce permet d’avoir le meilleur en toute saison…  
J’intègre toujours le climat et le confort des usagers à la réflexion. Nous avons tous des occupations différentes : l’écoute, l’empathie, et se mettre au service du bien-être des autres veut dire expliquer et chercher à comprendre. 

L’expertise, elle, veut dire savoir par quel chemin aller vers ces objectifs ! 



Chapitre 6 : Les arbres et leurs échanges d’énergie


Encore plus important à la vie biologique et à ses cycles, l’arbre peut aussi symboliquement représenter la construction : ses structures, ses fonctions et comment l’arbre s’est adapté aux saisons est une inspiration et un génie !



Les différentes espèces d’arbres peuvent nous apporter chacunes des clés !
- Ou je vais littéralement construire des maisons dans les arbres, il n’y a pas de nid plus douillet ! Si ?! 






Chapitre 7 : L’eau


Ressource négligée ? source de sinistre et de dégradation du bâti ? (ancien, et naturel en particulier ? ) Quels sont les forces de l’eau et donc ses problématiques si elle n’est pas utilisée à bon escient ?


Problématique d’imperméabilisation des sols et donc de débordement des cours d’eau ?


L’aménagement du terrain si l’on souhaite limiter l’emprise du bâtiment est primordiale 

Problématique d’infiltration ou de remontées capillaires des murs enterrés ?


Là le modelage du sol et la déviation de l’eau sera importante : en profiter pour amener l’eau là où elle sera utile est certainement une question pertinente. 
Son blocage dans les fondation n’est pas souhaitable non plus : l’évaportation du surplus, par la ventilation naturelle, les enduits évaporant, les enduits rectifiant la présence de salpêtre, l’utilisation des bons isolants (résistants à l’eau ou facilitant son passage sans créer de dommages ? ) là encore la situation informera la solution !

L’eau comme vecteur et stock d’énergie ?


Elle bouge naturellement sous l’effet de la gravité ET elle a un pouvoir de stockage de chaleur très important ! 


L’eau est finalement, par la plomberie, un acteur important du bâtiment. 
En effet, une fois le bâtiment ramené aux normes thermiques d’isolation actuelles du bâtiment (RT 2012 : soit BBC rénovation, sans parler de passivHaus, (Maison passive) ou la RE 2020 !) L’eau chaude sanitaire (les douches !) représentera 50 % des consommations d’énergie !
Soit 25 KWH d’énergie primaire, par m2 par an.  

--> bizarre de parler par m2 par an ? alors 1 personne ‘écolo’ consomme 850 KWH par an en douches rapides, le double est vite atteint si on ne fait pas attention ! 

--> des aménagements simples dans la plomberie, permettent de pouvoir prendre sa douche, dans le brouillard du matin, avec bonne conscience ! 



Chapitre 8 : Les Sols


Là encore, l’utilisation des sols à bon escient sur le site même de la maison...



Mais aussi ne pas participer à de la déforestation (érosion) ou pollution des sols ailleurs (pour les matériaux, les énergies de transformation des matériaux,  ou leur imperméabilisation ou leur usage autre qu’alimentaire (les usines, le stockage, les transports des matériaux) est important pour soutenir la possibilité des humains de se nourrir tout en partageant avec la nature un espace qui ne doit plus être grugé (qui peut être restauré aussi !) 

La qualité du sol, par l’aménagement paysager (productif !) judicieux, peut absolument être amélioré, et ces pratiques peuvent venir informer le projet et la forme du bâti.



Un espace de stockage des récoltes vous intéresse ? moi aussi ! Un accès indépendant pour partager la gestion du jardin avec les voisins ? gagné ! 


Ma collègue paysagiste du Collectif trait d’Union pourra créer la suite du jardin. Les interaction positives sont nombreuses


(ombre qui soulage en été, arbuste bien placé qui protège l’entrée du vent en hiver… vigne qui laisse le soleil réchauffer la verrière en hiver… etc) ! 



Chapitre 9 : Les aménagements et les ressources du terrain et du sol



J’ai tout dit non ?



En fait non, ici on parle de terrassement, et donc de former le terrain pour qu’ensuite, à l’infini, il rende des services et s’améliore : la pente évacuera tout risque d’humidité stagnante au pied des murs, des réserves d’eau permettront d’arroser, des noues et fossés judicieux permettront de bien hydrater le sol, sans aller surcharger les canalisations routières, et d’accueillir des plantes plus sensibles à la sécheresse : des microclimats et une accumulation de fertilité sont possibles ! 

Ici pour le bâtiment, la compréhension du sous-sol, de la pente, donc des fondations de la structure, et parfois de la source d’énergie ou de stockage que cela représente, est aussi de la permaculture appliquée à l’architecture. 

Je n’aurai qu’un mot de plus : Earthships !

lien vers la conférence à venir...



Chapitre 10 : Les tropiques humides


C’est dommage, mais je n’y connais rien !



Chapitre 11 : Stratégies en climat aride


Ces dernières années : juin, juillet, aout et parfois début septembre non ?? A La Rochelle et toute le façade atlantique, et jusque l’Aunis dans les terres en tout cas (le marais Poitevin est encore préservé dans les grandes lignes ! mais pas en surface ! )



Linter-saisonnalité permettra, au jardin de garder un peu d’eau. Le bâtiment pourra avoir des stratégies d’ombres, d’utiliser à bon escient la fraicheur du soir (sans les bruits et les moustiques !) grâce à l’inertie et en ralentissant l’entrée de chaleur (déphasage) sans sacrifier les vues sur l’extérieur (les volets toujours fermés ? non merci !) ni la ventilation (qui n’a pas entendu parler de la pollution de l’air intérieur ? mais qui sait lutter contre son envie de la couper quand on a trop chaud ou froid en hiver ?) 

Bref des petites solutions personnelles qui ont un gros impact sur le confort ressenti, et finalement sur la consommation personnelle, répétée sur 38 millions de foyers en France ! 


Chapitre 12 : Climats frais et humides jusqu’à froids



Oui ça aussi je connais. Humide c’est sûr : les solutions pour le bâti ancien en bord de mer restent peu connues même auprès des locaux. 


Froid ? vous ne m’impressionnerez pas ! mais je suis canadienne, le froid, je connais. J’ai aussi fait des sciences, donc le confort thermique, je le connais sous toutes ses formes, convectives, radiantes, conductives, thermodynamiques, solaires, combustibles, enthalpique, à condensation, inerte, passif, actif, positif, tout ça ! 




Chapitre 13 : Aquaculture (utiliser l’eau comme fonctionnalité et ressource qui utilise la gravité et le milieu comme transport, stockage, force de création de fertilité et d’énergie)


Je dois avouer que je n’ai pas encore réussi à intégrer ce chapitre à ma pratique. Mais une collègue architecte du collectif collabore avec des amis aquaculteurs. Un projet innovant devrait voir le jour !



Chapitre 14 : Stratégies pour une société globale alternative


J’ai grandi dans une coopérative d’habitants. Dans les années 1980 1990, au Québec. On dit aussi habitat participatif ! De parents militants, et j’assume mon enfance Bobo avant que le terme ne prenne de l’ampleur. Le retour sur expérience, où le collectif demande tout de même une force de décision, d’objectifs, d’action et de persévérance pour l’atteindre, je l’ai !


Donc Bobo authentique, sans prétention, à votre service ! 
Une société globale alternative où chacun.e exercera son savoir faire et savoir être bien particulier, où l’échange peut se faire, comptez sur moi ! 



Donc voilà mon humble tissage de liens, entre la philosophie permacole et ma philosophie de l’architecture, du rôle de l’architecte, mais plus précisément de mon rôle comme conseil et maitre d’œuvre : pour votre projet, qui si vous le voulez bien, sera notre projet, car je donne un peu de moi avec !

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